jeudi 27 novembre 2008

Assassinat et Impunité

« …Les meilleurs ont disparues, isolés ou vaincus
et les médiocres ont pris des allures d’astres scintillants ».
(Matoub L)

Demain sera jour d’anniversaire, un anniversaire que toute la Kabylie a pris l’habitude de célébrer dans la fête, l’émotion et les éternelles tentatives de récupération, car après tout, un anniversaire c’est avant tout une fête ! Malheureusement demain représente cette triste journée de juin 98, où un grand Monsieur de la chanson algérienne d’expression kabyle est tombé à quelques kilomètres de chez lui, dans sa Kabylie natale qu’il chérissait tant. Un Homme de culture est mort ce jour là, même si « un poète ne peut mourir » réellement. La résistance contre le terrorisme islamiste a perdu en ce début d’après midi du 25/06/98, un patriote sincère qui a refusé de s’exiler et de laisser le terrain aux chasseurs de lumière, préférant rester aux cotés des siens. L’opposition démocratique a également perdu avec la mort de Matoub Lounès un vieux routier, un infatigable militant des causes justes, lui sur qui un gendarme avait vidé son chargeur lors des événements d’octobre 1988. La cause identitaire venait de perdre, un pilier et pas des moindre, mais la plus grande perte fut ressentie surtout par la jeunesse kabyle qui venait de perdre une idole, un repère. J’en fais partie et j’avoue ressentir sa perte à chaque événement important touchant de près où de loin à la Kabylie, dont je partage l’amour profond avec Lounès. La première fois, -je crois- où la mort de Matoub m’a le plus marquée, ce fut lors des événements du printemps noir de Kabylie en 2001. Nous avions vu tellement de « prostitution politique » pendant que des gamins se faisaient chasser comme des lapins, par les gendarmes du « pouvoir assassin », qu’il était impossible pour nous, les émeutiers, de ne pas ressentir cruellement l’absence d’un porte-voix d’une jeunesse en désarrois. Nous avions besoin d’une voix connue et reconnue de tous pour dénoncer les abus du pouvoir, mais aussi et surtout les louvoiements de nos symboles qui naviguaient à contre courant de leurs idéaux d’hier.
Dix ans après l’assassinat de Matoub, et sept ans après les tragiques événements de Kabylie qui ont fait –ne l’oublions pas- 123 morts, nous ne connaissons presque rien des commanditaire de l’assassinat de Lounès ni de ceux de nos martyrs d’ailleurs, puisqu’à ce jour aucun gendarme n’a été jugé mis à part celui par qui ces tristes événements sont arrivés, celui qui a vidé son chargeur sur la poitrine toute frêle du jeune lycéen que monsieur le ministre de l’intérieur affublera quelques heures plus tard lors du 20 heures de l’inique (ENTV) du qualificatif de « voyou ». Et encore, puisque ce gendarme a été condamné à deux ans de prison pour être libéré un certain 20 avril, tout un symbole !
PS : D’après les dernières nouvelles le pouvoir algérien refuse d’accorder l’autorisation pour la tenue des assises du Congrès Mondial Amazigh (CMA) à Tizi-Ouzou, et dire que Tamazight est sacrée langue nationale par la constitution après justement les tragiques événements du printemps noir. Les animateurs du CMA ont déposé plainte et décidé de porter l’affaire en « justice ». Quelle justice ?!!!!

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